Accélérationnisme fronssais : “le français, langue africaine”

La Rédaction
Démocratie Participative
\n15 octobre 2779 (“2026”)

 

Quelle formidable aventure.

  1. Réformer l’orthographe du français pour le rendre plus accessible (aux afro-maghrébins analphabètes)
  2. Ouvrir des maisons de la créolisation où l’arabe, le wolof et bien d’autres sabirs ayant cours en Afrique seraient enseignés à la place du français
  3. Supprimer l’anglais LV1, notamment au profit des langues non-blanches
  4. Une Académie francophone en Afrique à la place de l’Académie française
  5.  Faire du français un instrument géopolitique en utilisant cette langue devenue celle de l’Afrique pour exister mondialement

Tâché se laisse passablement emporté par son enthousiasme. Il n’y a pas “400 millions” de francophones, mais environ 100 millions de locuteurs qui l’ont pour langue maternelle et quotidienne : France, Belgique, Suisse, Québec. Le Congo, dont Mélenchon est si friand, n’a qu’un usage limité du français, et pas comme langue maternelle. Le lingala prédomine largement.

Revenons à la racine de ce projet.

En déplacement au Canada français en 2025, Mélenchon avait déjà tracé la feuille de route. Devant un public enthousiaste, très largement composé de Français installés là-bas pour échapper à la diversité islamique et à la pauvreté, Mélenchon annonça la “décolonisation” de la langue française, proclamant — à l’instar de Macron — que le Congo était de facto la patrie de la langue française en raison de la masse alléguée des locuteurs francophones congolais.

D’ailleurs, Mélenchon refusa à cette occasion de parler de langue française, préférant plutôt le terme de “langue dite française”, appelant les gens à la qualifier de “langue commune” pour la sauver de son racisme ontologique. Pour le manifester, au nom de la “créolisation”, Mélenchon cita encore ce fameux projet d’académie de la francophonie voulu par Aurélien Tâché que, pour tout à fait guérir les Français de leur xénophobie, on implanterait dans quelque contrée d’Afrique noire. Ainsi, des nègres nous apprendraient enfin à parler, à nous barbares.

À partir de 52:00′ :

Je tiens LFI pour le parti le plus français de tous, car le plus cohérent avec le processus historique entamé en 1789, celui qui peut embrasser complètement l’africanisation qui découle des mécanismes idéologiques de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, de l’émancipation des juifs — au nom de l’antiracisme déjà –, de l’abolition de l’esclavage, et qui rend par contrecoup les autres formations, surtout d’extrême-droite, incapables de répondre sans contradictions à la révolution raciale que ce parti engage à l’ombre du drapeau tricolore.

La France, comme expérience historique, s’est irréversiblement engagée dans l’africanisation à la suite de choix décisifs. Le premier, bien sûr, fut la colonisation de l’Afrique elle-même qui exerça sur les cervelles françaises une puissante fascination, fascination d’autant plus mortelle qu’elle advint au milieu de la confrontation avec l’empire allemand.

Si les Allemands eurent quelques colonies africaines, ce fut pour peu de temps, l’empêchant de s’imprégner de cette expérimentation. La France, elle, incuba pendant plusieurs siècles (première colonie française au Sénégal en 1626 !). Pire, dès 1870, mais surtout en 1914 la France mobilisa des troupes noires et arabes pour peser dans un conflit contre d’autres puissances blanches, se rendant symboliquement et psychologiquement dépendantes de ses sujets coloniaux pour décider de sa destinée.

Les premières putes à nègres de France apparurent sur les bords des routes de l’été 1914.

Le sillon était creusé.

En 1940, mais surtout en 1944, avec la fameuse “armée d’Afrique” de De Gaulle, les nègres et les arabes “libérèrent” les Français du racisme explicite.

Nègres de l’armée française à Marseille, août 1945

Avec une telle dette et une telle obligation morales, sommée de rester fidèle à l’idée de 1789 et plus encore à l’idée antiraciste guidant la “Libération” du territoire en 1944-1945, croulant sous près de 20 millions de gens de couleur, la France, comme “nation”, se doit d’être tout à fait ouverte à sa lente conquête par les nègres, les arabes, et n’importe quelle autre peuplade du monde, au risque, si elle reculait, de trahir plus de deux siècles d’un surmoi devenu si écrasant qu’elle ne peut de toute façon plus lui échapper. Pour parfaire le tout, le pouvoir central veille à ce qu’aucune forme de catharisme racial ne s’enkyste dans les replis du territoire.

La France, transformée par la révolution et l’expérience coloniale, est désormais biologiquement recomposée sous l’effet des conséquences démographiques. Mélenchon ne se contente pas d’y réagir, de s’y adapter, contrairement à la droite française : il l’embrasse totalement, au nom de l’accélérationnisme de gauche. Il pousse l’idée égalitaire jacobine à ses dernières extrémités logiques, se débarrassant de la souche indigène de l’ancien ordre de choses comme les États généraux se débarrassèrent de la monarchie, de la noblesse et du clergé en 1789. Mélenchon et sa bande aspirent à une nuit du 4 août raciale où sera proclamée, peut-être à la suite de l’Amérique, la déchéance solennelle de l’homme blanc.

La France n’a plus les ressources biologiques et spirituelles pour s’extraire de ce processus historique devenu autonome et auto-renforçant. Elle ne peut que se ménager un sursis électoral, ou devrais-je dire un sédatif, sans s’écarter de la négrification inexorable.

La droite chauvine est prête à se rallier complètement à l’idée créole, comme la droite s’est ralliée à la république en 1880. Sa danse du ventre sur le thème de l’impossible assimilation des nègres et des arabes en est l’indicible aveu. Ce qui la sépare de LFI est une question de degré, pas de nature. Si elle est encore mal à l’aise avec les contradictions du passage d’un pays de culture aryenne à un État afro-musulman, elle n’en demeure pas moins mûre pour le bain café-au-lait au nom de toutes les synthèses raciales que commandent son totem suprême : l’État.

Comme en 1789, seule une coalition européenne, continentale, pourrait, du moins temporairement, contenir le malade, et l’empêcher, sinon de pourrir, du moins de devenir un gigantesque foyer de putréfaction.

Je crois Mélenchon désireux de jeter des hordes de Sans-Culottes de banlieue sur le Rhin, pour aller violer les dernières Walkyries de Forêt noire, et de proclamer le règne du bâtard crépu universel. Le bastringue tricolore suffirait à rallier l’essentiel de la droite à ce projet, moyennant une dose de bochophobie.

 

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