La Rédaction
Démocratie Participative
\n13 octobre 2779 (“2026”)

Anojan Sivarasa
Choix cornélien.
Qui du chieur de rue ou des égorgeurs d’Allah est dans le faux ?
La mère d’un ouvrier hindou condamné à mort en Arabie saoudite pour avoir insulté le prophète Mahomet s’effondre en implorant qu’on lui laisse la vie sauve.
La femme, tremblante, supplie les autorités saoudiennes d’épargner son fils :
Pardonnez-lui, je vous en prie… Pour l’amour de Dieu, considérez-le comme votre propre enfant, je vous en supplie.
Il a parlé par erreur. Faut-il pour autant qu’une vie soit perdue ? Pourrons-nous jamais la récupérer ? Nous ne la récupérerons jamais.
Mother of Hindu laborer sentenced to death in Saudi Arabia for insulting Prophet Mohammed breaks down pleading for his life.
The woman, shaking as she speaks, begs Saudi authorities to spare her son:
Please forgive him… For God’s sake, please consider him as your own child, I am begging you.
He spoke by mistake. Should a life be lost? Will we ever get it back? We will not get it back.
— Clash Report (@clashreport) October 13, 2026
BBC :
« Je demande grâce pour les fautes commises par mon fils. Je vous en prie, pardonnez-lui et renvoyez-le auprès de nous. »
C’est en larmes que Rasamanickam Yogalakshmi a lancé un appel désespéré pour sauver la vie de son fils aîné, Anojan Sivarasa. Ce travailleur immigré de 24 ans risque la peine de mort en Arabie saoudite après qu’une cour d’appel l’a reconnu coupable de blasphème contre l’islam et le prophète Mahomet, à la suite d’un commentaire publié sur Facebook.

L’affaire a provoqué une onde de choc au Sri Lanka, suscitant une vive inquiétude et donnant lieu à des pétitions lancées par des organisations de la société civile dans tout le pays. Plusieurs partis politiques et organismes gouvernementaux ont coordonné leurs efforts diplomatiques afin d’obtenir la clémence des autorités saoudiennes.
Cependant, la famille n’a reçu aucune nouvelle de son état depuis le 28 septembre. Le gouvernement sri-lankais lui a demandé de s’abstenir de toute nouvelle déclaration publique pendant que les démarches diplomatiques se poursuivent.
Les autorités saoudiennes n’ont publié aucun calendrier officiel concernant l’exécution, et la date à laquelle la sentence pourrait être appliquée demeure inconnue. L’Arabie saoudite a déjà procédé à des exécutions sans avertir les familles ni les ambassades étrangères, les proches n’étant informés qu’une fois la sentence exécutée.
MBS nous donne une leçon de racisme
Anojan a été poursuivi à la suite d’une dispute sur les réseaux sociaux, provoquée par un incident survenu pendant un pèlerinage hindou au Sri Lanka. Fin juin, une vidéo montrant un jeune musulman donnant un coup de pied à un chien qui suivait des pèlerins hindous a largement circulé sur les réseaux sociaux, déclenchant des querelles religieuses en ligne.
Au cours des échanges, un internaute a publié des propos désobligeants à l’égard d’une divinité hindoue, ce qui a conduit Anojan à répondre en tamoul par un commentaire insultant le prophète Mahomet.
Bien qu’Anojan ait rapidement supprimé son commentaire et publié une vidéo d’excuses, une capture d’écran avait été réalisée et transmise à son employeur ainsi qu’aux autorités saoudiennes, entraînant son arrestation en juillet.
Ses appareils électroniques personnels ont ensuite été saisis et ses comptes sur les réseaux sociaux supprimés par les autorités saoudiennes.
« Les gens en Arabie saoudite ne savaient absolument rien de cette affaire. Ce sont des individus au Sri Lanka qui ont envoyé des courriels à l’entreprise où travaillait mon frère. Je ne souhaite même pas mentionner l’identité de ces personnes », a déclaré Hamsidan Sivarasa, le frère d’Anojan, à BBC Sinhala.
Selon Hamsidan, l’entreprise qui employait Anojan a informé les autorités saoudiennes, lesquelles ont alors engagé des poursuites contre lui.
Anojan avait initialement été condamné à cinq ans de prison ainsi qu’à une amende de trois millions de riyals saoudiens (environ 800 000 dollars, soit 600 000 livres sterling) par le tribunal pénal d’Al-Ahsa.
Un appel déposé au nom d’Anojan afin d’obtenir une réduction de sa peine a été rejeté, selon le ministre sri-lankais des Affaires étrangères, Vijitha Herath.
Précisons que ce Srilankais aurait dû consentir à devenir de facto un esclave pour rembourser sa lourde dette.
Cet appel était une très mauvaise idée.
L’affaire a pris une tournure dramatique le 17 septembre, lorsque les procureurs saoudiens ont fait appel pour demander qu’Anojan soit jugé selon la charia, plutôt qu’en vertu de la législation nationale sur la cybercriminalité.
La cour d’appel a accepté la demande du parquet, aggravant sa condamnation jusqu’à prononcer la peine de mort.
Le ministère sri-lankais des Affaires étrangères a confirmé qu’il prenait toutes les mesures possibles pour venir en aide à Anojan.
Sa famille a rencontré le président Anura Kumara Dissanayake au secrétariat de la présidence le 21 septembre. Le président lui a assuré que le gouvernement ne ménagerait aucun effort pour obtenir une grâce générale en faveur du jeune homme, et a donné instruction aux services diplomatiques d’engager des discussions avec les autorités saoudiennes.
L’affaire a suscité une mobilisation dépassant les divisions religieuses.
De hauts dignitaires bouddhistes, les Mahanayake Theros des ordres Ramanna Nikaya et Amarapura Maha Nikaya, ainsi que des responsables religieux hindous, ont remis un mémorandum au secrétariat de la présidence pour réclamer une intervention urgente de l’État.
Par ailleurs, une délégation juridique sri-lankaise composée de quatre membres doit se rendre cette semaine en Arabie saoudite afin de rencontrer les avocats locaux chargés de la défense d’Anojan.
« Deux cabinets d’avocats en Arabie saoudite s’occupent du dossier d’Anojan. Nous allons nous rendre sur place pour rencontrer les avocats de ces deux cabinets, discuter de l’affaire et déterminer les prochaines démarches possibles », a déclaré à BBC Sinhala Upul Kumarapperuma, avocat auprès de la présidence et membre de la délégation.
Pendant ce temps, au Sri Lanka, toute communication entre Anojan et sa famille a cessé.
« Mon frère n’a pas appelé depuis deux jours », déclarait Hamsidan le 28 septembre. « Nous avons informé l’ambassade et demandé aux responsables de se renseigner sur sa situation et de nous tenir au courant. Ils ont répondu qu’ils allaient vérifier. Nous attendons toujours, car nous n’avons encore reçu aucune réponse. »
Dans les prisons saoudiennes, les détenus condamnés à mort perdent généralement l’accès à leurs téléphones portables personnels, les communications téléphoniques étant strictement organisées par l’administration pénitentiaire.
Les organisations de défense des droits de l’homme ont dénoncé à plusieurs reprises la sévérité des peines prononcées en Arabie saoudite pour des propos tenus en ligne.
En juillet 2023, Mohammed Al Ghamdi, un enseignant saoudien à la retraite, avait été condamné à mort pour des commentaires publiés sur plusieurs réseaux sociaux, selon les Nations unies.
« La condamnation à mort de Mohammad bin Nasser al-Ghamdi, qui ne compte au total que dix abonnés sur ses deux comptes Twitter anonymes et auquel on ne reproche rien d’autre que d’avoir exprimé ses opinions sur les réseaux sociaux, est grotesque », avait déclaré à l’époque Philip Luther, directeur de la recherche et du plaidoyer pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.
La condamnation d’Al Ghamdi a finalement été annulée et remplacée par une peine de trente ans de prison, selon ALQST, une organisation non gouvernementale indépendante de défense et de promotion des droits de l’homme en Arabie saoudite.
30 ans de taule est l’équivalent des stages de citoyenneté saoudiens.
L’Arabie saoudite compte plus de dix millions de travailleurs étrangers, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Les organisations de défense des droits de l’homme soulignent que les travailleurs immigrés faiblement rémunérés sont particulièrement vulnérables face au système judiciaire saoudien, notamment en raison des barrières linguistiques et de l’absence d’une représentation juridique adéquate.
En Arabie saoudite, les exécutions pour blasphème demeurent relativement rares par rapport à celles prononcées par les tribunaux pour des infractions liées aux stupéfiants ou pour meurtre.
C’est une gestion de l’immigration substantiellement différente de nos propres usages. Imaginez si l’on pendait le moindre dealer arabe. Nous aurions, je crois, des résultats très différents en termes de sécurité publique.
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