Cette femme n’a aucune idée de ce qu’elle fait

La Rédaction
Démocratie Participative
\n15 octobre 2779 (“2026”)

 

Marine Le Pen est apparue hier dans une conférence de presse, plus triomphale que jamais.

Elle tient à s’afficher comme virtuellement déjà élue, sur la base de sondages récents qui continuent d’omettre un fait essentiel : de Retailleau, Philippe et Attal, deux devront se retirer tôt ou tard pour unifier la bourgeoisie centrale. Si Philippe était désigné, il passerait à plus de 20%, probablement devant Mélenchon, celui-ci ayant la voie du centre-gauche obstruée par Glucksmann.

Dans un tel scénario, les réserves de voix de Maryama au second tour deviennent beaucoup plus limitées.

Lorsqu’elle est sûre d’elle, Marine Le Pen s’empresse d’ordinaire de raconter n’importe quoi avec un ton plein d’assurance, voire de brutalité.

Ça n’a pas manqué cette fois non plus.

Sur l’Ukraine, la vieille femme Le Pen pense jouer sur du velours en expliquant à la presse internationale que la France est en faillite, et qu’elle est trop pauvre pour soutenir les Ukrainiens.

Je ne vais pas pleurer sur le compte bancaire de Zelensky, mais ces déclarations, qui reviennent de fait à prononcer la capitulation française, ont des conséquences qui dépassent de beaucoup l’Ukraine. Le message qui est perçu en Europe et ailleurs, est que la France n’est plus un acteur géopolitique qui compte sur le continent, de l’aveu même de sa candidate réputée “nationaliste”.

Cette aide s’élève à 0,2% du PIB français, contre 14% pour les retraites que Maryama refuse farouchement de réduire dans son programme. On lui doit déjà la chute d’un gouvernement au motif que l’augmentation de ces retraites risquait d’être retardée de six mois. Le reste de l’Europe va donc se dire que la France est au choix :

  1. un État dénué de parole, prêt à “capituler devant Poutine” pour quelques euros avec des prétextes malhonnêtes,
  2. un pays devenu trop faible pour peser dans la plus grande guerre qui touche l’Europe depuis 1945.

Je ne suis pas exactement un partisan de l’Ukraine, mais que ça nous plaise ou pas la politique des États européens est largement dominée par l’idée que lâcher l’Ukraine serait un désastre stratégique qui les menacerait gravement, du moins en ce qui concerne les états d’Europe centrale et orientale.

Il y a un autre aspect : si l’Ukraine avait été battue immédiatement, sans que l’Europe n’intervienne, l’affaire aurait été oubliée. Mais si elle est battue, partitionnée et annexée après qu’un État comme la France l’a lâchée, le message qui sera lancé partout en Europe est que la “France nationaliste” n’a que faire des nations qu’elle livre cyniquement au plus puissant. Pour des “souverainistes”, ce serait particulièrement ironique.

Si vous devenez le premier — et le seul — État européen qui se débine au moment critique, tous les autres États cesseront de coopérer sérieusement avec vous. En quelques mois de cette politique, la France serait marginalisée sur le continent, et d’abord militairement.

Ce truc ukrainien est un bourbier fomenté par les juifs dont on ne peut pas se sortir aussi facilement. Sans un dégagement concerté et négocié avec le reste de l’Europe, ce cavalier seul se convertirait un désastre diplomatique pour la France — il n’y a pas d’autres termes.

À vrai dire, l’effondrement de ce qu’il reste de l’influence française en Europe ne serait pas le plus gros problème d’une présidence Le Pen. Maryama s’en est créé un bien plus grave en acceptant de nommer le macroniste Ferrand au Conseil constitutionnel. À l’époque, elle traitait d’imbéciles ceux qui s’étaient lamentés de cette décision absurde.

Comme dans ses affaires de détournement, elle découvre que ses actes ont des conséquences.

À présent, elle veut le virer.

Là aussi, il y a ce que l’on pense de la situation, et la situation elle-même.

Ce marais légal est explosif et menace d’entraîner une présidence Le Pen dans un désastre aux proportions insoupçonnées dont je parlais hier.

Sans même être encore élue, cette hypothétique présidence Le Pen est déjà assurée d’une guerre légale avec le Conseil constitutionnel, et ne tardera pas à l’être avec le pouvoir judiciaire dans son ensemble, puis le Sénat — Larcher sortira tôt ou tard du bois pour appuyer Ferrand avec l’aide des dizaines de milliers d’élus locaux pour saborder son projet de référendum. Ce à quoi s’ajouteront près de 20 millions de métèques parfaitement insensibles aux questions de “souveraineté populaire” et autres subtilités philosophiques. La gauche radicale va pouvoir hurler au putsch fasciste en préparation sans même que Le Pen n’ait de plan pour gérer la crise de régime qu’elle amorce.

À quelques mois des élections, les adeptes de la démocratie procédurière vont effrayer le centre-droit qui pourrait se rallier à Philippe pour garantir la stabilité des institutions, donc des retraites — on en revient toujours là.

Le RN n’est pas un parti de masse, n’a aucune culture de la mobilisation de rue, n’a aucun relais médiatiques — Bolloré ne risquera pas son empire pour elle –, et il est gouverné par des homosexuels et des femmes blanches qui ont marginalisé les radicaux, les seuls capables de tenir tête à la coalition cosmopolite.

Bref, il n’y a pas de Mussolini à l’horizon pour saisir le moment, ni de chemises noires pour l’y aider.

En revanche, je crois deviner une réédition de la foirade boulangiste. On retrouve à peu près tous les ingrédients : germanophobie larvée sous couvert d’opposition à l’UE, déclassement social servant de terreau au premier bonimenteur venu, paralysie du régime, et un mouvement attrape-tout, sans véritable cap ni homogénéité, avec à sa tête un opportuniste erratique.

Boulanger a fini en Belgique, suicidé sur la tombe de sa maîtresse.

Ce n’était pas très glorieux pour un homme qui avait prétendu s’emparer du pouvoir, mais Marine Le Pen se ménagerait une sortie bien plus lamentable, gavée de barbiturique dans une chambre d’hôtel à Mayotte à côté de ses chats préalablement empoisonnés.

Le Système, très curieusement, ne montre aucun signe de panique à l’idée de voir Marine Le Pen se faire élire. C’est si vrai que les candidats du centre prennent tout leur temps pour faire mollement campagne, chacun de son côté.

C’est suspect.

J’ai de plus en plus le sentiment que le Système voit d’un très bon oeil une présidence Le Pen. Cette carne n’a-t-elle pas toutes les qualités d’une mule qu’on lesterait de tous les maux, et d’abord d’encaisser le désastre financier créé sous Macron ? Il ferait d’une pierre deux coups : ne pas assumer l’ardoise et les retombées d’un défaut, même partiel, et créer les conditions d’une liquidation politique de la droite populiste accusée d’être à la racine du chaos.

Le scénario que j’évoquais hier, celui d’une accusation de putsch suivie d’une destitution de Le Pen en cas de passage en force contre le Conseil constitutionnel, serait le prétexte à un changement de régime qui remettrait en selle l’oligarchie centrale.

Imaginons un état d’urgence non suivi d’effet — l’État refusant tout simplement d’obéir. Le Pen serait traînée dans un box, comme l’ancien président sud-coréen.

Ferrand a dit les choses froidement : n’est pas De Gaulle qui veut.

En 1958, De Gaulle est arrivé au pouvoir au terme d’un putsch militaire camouflé. Les parachutistes étaient prêts à intervenir dans Paris si le pouvoir légal ne lui était pas remis. De Gaulle avait suffisamment de prestige et de relais de terrain expérimentés pour le faire. Marine Le Pen pourrait à peine tenir le pouvoir légal qu’elle aurait obtenu par les urnes.

D’ordinaire, on peut juger une aventure à la qualité de son chef. Ici, c’est une femme, gage de tous les échecs, et cette femme est Marine Le Pen, ce qui se passe de commentaire.

Je ne m’empresserais pas de suivre sa bande de pieds nickelés dans une telle histoire.

Sa guérilla se limiterait à quels comptes sur Twitter.

En revanche, la gauche radicale, elle, est prête à semer l’anarchie. Les flics, démoralisés et déjà cornaqués par une hiérarchie corrompue, ne feront pas de zèle pour le compte du RN. Surtout avec des millions de métèques déchaînés dans les rues et les juges contre eux. Quant à l’armée, au vu de la qualité de ses officiers et de la proportion stupéfiante de noirs et d’arabes dans ses effectifs, elle restera en dehors de ce foutoir pour ne pas se désintégrer.

Mais cette droite populiste poussive, incompétente, fantasque, obsédée par une poignée d’idées impraticables, vivant dans le passé quelque part entre Jeanne d’Arc et 1914, divisée et sans cohérence, marche d’un beau pas vers le champ de mines avec sa notion du panache comme seule stratégie, sûre d’elle autant qu’on peut l’être quand on est con.

Ses plans sur la comète ne sont pas intéressants en eux-mêmes. Elle a à peu près toujours foiré, de 1889 à 1934, en passant par 1961. Reste que cet énorme bordel générerait des espaces nouveaux pour les révolutionnaires, et ferait définitivement éclater la confrontation raciale.

C’est la seule chose réellement positive à cette heure.

Alors, si Maryama peut allumer la mèche malgré elle, c’est très bien. Reste qu’une personne saine d’esprit ne se mettra pas en danger pour cette femme horrible qui aurait tôt fait de balancer ses propres soutiens en échange d’une amnistie.

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