Leutnant
Démocratie Participative
\n17 octobre 2779 (“2026”)
La ligne Royan-Saint-Palais-sur-Mer attire les Roméo en herbe
Sur les bords de l’Atlantique, les Tunisiens au sang chaud sont en quête d’amour.
Devant les juges, ce vendredi 16 octobre, le prévenu de 40 ans, un Tunisien en situation irrégulière, n’a eu de cesse de nier ou de minimiser ses gestes déplacés
« Je vous jure, je ne l’ai pas touchée, Madame. » À la barre du tribunal correctionnel de Saintes, ce vendredi 16 octobre, le prévenu se perd en explication sans jamais répondre aux questions de la présidente, Anissa Oumahand. « Vous lui avez touché la main ou pas ? », « Pourquoi lui demander son numéro de téléphone ?…
« Je vous jure, je ne l’ai pas touchée, Madame. » À la barre du tribunal correctionnel de Saintes, ce vendredi 16 octobre, le prévenu se perd en explication sans jamais répondre aux questions de la présidente, Anissa Oumahand. « Vous lui avez touché la main ou pas ? », « Pourquoi lui demander son numéro de téléphone ? », « Pourquoi êtes-vous descendu au même arrêt de bus que cette jeune femme ? »
L’homme, un Tunisien de 40 ans en situation irrégulière, doit répondre d’agression sexuelle sur une jeune fille de 16 ans, dans le cadre d’une comparution immédiate à délai différé pour donner le temps d’une expertise psychiatrique du prévenu. Les faits jugés remontent au 7 août 2026, dans le bus de la ligne Royan-Saint-Palais-sur-Mer.
Ce jour-là, l’adolescente s’assied au fond du bus. Un homme monte et s’installe juste devant elle avant de s’asseoir à ses côtés. Il prétexte la reconnaître comme une collègue de travail. Ils s’échangent leur numéro de téléphone. Dans son répertoire, il la dénomme « Petite vaux sur mer ».
Dans le bus, il pose une main sur son genou ; elle serre les cuisses pour l’empêcher d’aller plus loin. Le quadragénaire, qui dit ne pas avoir deviné qu’elle était mineure malgré son apparence juvénile, passe le bras autour du cou de la jeune fille, de sa taille ; effleure sa poitrine par-dessus les vêtements. Comme elle l’expliquera devant les policiers du commissariat de Royan au moment de porter plainte dans la foulée, « j’ai fait mine de ne rien voir », tétanisée.
Alors qu’elle sort du bus, il la suit et lui prend la main. À la barre ce vendredi, le prévenu mime des gestes sans mesurer l’impact. « Je vous jure que je ne l’ai pas touchée. On parlait normal. Peut-être que je n’ai pas fait exprès. » Entendu comme témoin, le chauffeur de bus confirmera les gestes du quadragénaire qu’il avait observés sans s’inquiéter davantage. Il pensait toutefois prévenir la mère de la jeune fille, femme d’entretien pour la société de bus.
La tête posée sur les épaules de sa mère, la jeune fille écoute les débats. Elle accepte de livrer quelques mots, épaulée par ses parents, qui se présentent sans avocat. Elle se souvient de « la peur et beaucoup de tremblements ». Pour le procureur de la République Benjamin Alla, l’agression sexuelle ne fait aucun doute. Et d’insister sur le fait qu’elle ait eu lieu « sur la voie publique, la hantise de tous les parents ». Il requiert une peine de trois ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt et interdiction de territoire pendant cinq ans.
Me Alice Legwinski, pour la défense, plaide la relaxe pour son client, dont le casier judiciaire est vierge de toute condamnation. Pour elle, « c’est parole contre parole ». Après s’être retiré, le tribunal a condamné le quadragénaire à un an d’emprisonnement avec maintien en détention et prononcé l’inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Il est également condamné à verser 1 000 euros au titre du préjudice moral et à deux fois 500 euros pour les parents de la victime.
Fort heureusement, les débats dirigés par Anissa Oumahand auront permis à son congénère d’échapper à l’interdiction du territoire. D’ici quelques mois, le playboy tunisien sera dans les rues pour faire la cour aux adolescentes.
Annissa Oumahand (deuxième à gauche)
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