La France est la bombe à retardement de l’Europe

La Rédaction
Démocratie Participative
\n13 octobre 2779 (“2026”)

Après des années de propagande souverainiste, les Français sont virtuellement incapables de comprendre les dynamiques réelles en Europe. Généralement, un Français se croit victime d’une conspiration fomentée en secret à Bruxelles, sous contrôle des “Nazis” de Berlin. Rien, ou si peu, du déclin massif de la France n’a pu être causé par les Français eux-mêmes, ni par les politiciens qu’ils ont eu la bonne idée d’élire pendant 40 ans : c’est ce qu’ils pensent.

Aucun Français ou presque ne réalise que l’UE a été essentiellement soutenue par la France pour encager l’Allemagne et l’empêcher d’organiser l’Europe centrale et orientale selon ses conditions. Ils croient exactement l’inverse : l’UE serait un projet allemand pour empêcher la France de conquérir le monde.

À présent, la réalité offre un panorama très différent : les Américains n’interviendront pas militairement contre la Russie, ce qui rend l’OTAN effectivement inopérante. Si les USA n’interviennent pas en cas de conflit, cela offre à la Russie la possibilité d’exercer une pression majeure à l’est. Le vide laissé par les USA est en train d’être partiellement comblé par l’Allemagne qui se donne quelques années pour disposer d’une armée moderne, bien équipée, en mesure de protéger l’Europe centrale et orientale à la place des USA. Son budget sera le double de celui de la France car, contrairement aux Français, les Allemands ne font pas n’importe quoi avec leur argent.

Macron a poursuivi une stratégie rationnelle d’un point de vue souverainiste (paradoxalement)  : empêcher l’Allemagne de faire cavalier seul en soutenant des programmes d’armement communs, baptisés “européens”, et donner des garanties symboliques de défense nucléaire à la Finlande. Bien entendu, les mêmes souverainistes ont été les premiers à hurler en disant que l’arme nucléaire française ne pouvait servir qu’à défendre la France, prônant de fait un isolationnisme strict. La valeur de ses “garanties” est nulle. Tout le monde sait qu’un pays comme la France n’utilisera jamais l’arme nucléaire pour défendre Helsinki ou Riga, à commencer par les Français eux-mêmes.

La réalité objective est simple : la France, excentrée à l’ouest, financièrement exsangue, paralysée par une polarisation politique de plus en plus forte, fracturée racialement et religieusement, se trouvant plus généralement dans un profond processus de déchéance morale et intellectuelle, ne peut tout simplement pas remplacer l’Amérique face à la Russie de manière crédible.

L’échec de l’UE française voulue par Macron fait surgir le seul et unique souverainisme crédible en Europe : le souverainisme allemand. Après s’être retirés de programmes d’armement commun avec la France, l’Allemagne annonce vouloir sévèrement limiter le budget de l’UE. Les Allemands organisant un système de protection militaire, l’UE n’est plus pour eux qu’une nuisance.

Rapporteur :

L’Allemagne et cinq de ses alliés, tous contributeurs nets, ont rejeté la dernière proposition irlandaise concernant le prochain budget à long terme de l’UE, exigeant un niveau de dépenses pouvant être « financé de manière réaliste ».

L’Irlande a dévoilé samedi son projet de texte de compromis, ou « cadre de négociation », en amont d’une réunion du Conseil européen qui débutera jeudi.

Parmi les coupes globales de 8 %, soit 159 milliards d’euros, figurait une réduction importante de près de 13 % de la ligne budgétaire proposée couvrant les « nouvelles priorités » de l’UE, axées sur la défense et la compétitivité.

Le groupe des contributeurs nets, comprenant l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas, la Finlande, la Suède et le Danemark, a réitéré sa demande de longue date visant à réduire de plusieurs centaines de milliards d’euros le projet de budget de la Commission, qui s’élève à près de 2 000 milliards d’euros, comme condition préalable à un accord.

« Tout cadre de négociation devrait définir un volume global pouvant être financé de manière réaliste par ceux qui supportent la charge financière principale », indique la lettre, ajoutant que toutes les rubriques budgétaires devraient contribuer aux économies.

Cela contraste fortement avec les demandes d’un groupe beaucoup plus large de 17 pays, principalement d’Europe du Sud et de l’Est, qui plaident en faveur d’un budget plus important, doté de fonds suffisants pour l’agriculture et la cohésion.

Le groupe, qui prône un budget plus moderne et des coupes dans les fonds agricoles et régionaux, s’en prend également à l’approche proposée en matière de « conditionnalité », insistant sur le fait que les règles liant tout financement de l’UE à des normes strictes et aux résultats des réformes ne doivent pas être affaiblies.

Les signataires se sont dits prêts à trouver un terrain d’entente, mais uniquement sur la base de ce qu’ils ont qualifié de « proposition abordable, équilibrée et donc réaliste ».

Dans le même temps, les Allemands, appuyés par les Italiens et les Flamands, veulent instaurer un droit d’option leur permettant de ne pas appliquer les lois européennes de leur choix qui limitent leur compétitivité. C’est présenté de manière moins brutale, mais c’est de cela qu’il s’agit.

D’ici peu, les souverainistes français découvriront que l’UE et l’Euro permettaient à la France de retarder les conséquences de près d’un demi-siècle de décisions politiques française désastreuses et que le DEXIT soft laisse la France sans plan B.

Il est évident qu’une crise de la dette souveraine française placerait l’État en défaut partiel. Membre de l’Eurozone, la France se verrait proposer, en échange d’un soutien, un plan de restructuration brutal, mais négocié avec les Allemands et quelques autres États. Pour alors, la démagogie de la gauche et de la droite populistes, chauffée à blanc, aurait rendu tout accord impossible : hors de question de négocier un plan d’austérité budgétaire avec des Européens, et surtout pas avec des Allemands, “honneur national” oblige.

Ce refus ne changerait rien aux besoins de financement français. Ce serait une crise financière immédiate avec la fuite des capitaux hors de France, un accès au crédit rapidement très limité pour l’État, les foyers et les entreprises. Sans crédit privé et dépense publique, ce serait une dépression économique énorme qui suivrait et avec elle l’explosion de troubles civils et politiques, mais aussi ethniques. La fracturation déjà sous-jacente du pays aboutirait à la formation d’un État dysfonctionnel permanent.

Le processus de radicalisation souverainiste, qui irait à son terme, aboutirait nécessairement au retour au franc, une monnaie qui serait d’autant plus vite dévaluée que les démagogues seraient aux commandes : la planche à billets tournerait à fond tandis qu’on règlerait des comptes dans le cadre d’une guerre de classes ouverte. L’inflation serait massive dans un pays en pleine dépression. La chute du PIB par habitant de 30 ou 40% serait parfaitement plausible. Faute d’un consensus politique pour stabiliser la situation, le désordre s’installerait durablement.

L’idée que l’Eurozone disparaîtrait mécaniquement est erronée : elle serait amputée d’environ 20% de son poids économique, mais resterait un bloc financier et monétaire considérable sous l’influence majeure de l’Allemagne. Le désastre en France effraieraient les État-membres qui se resserreraient pour la plupart autour de Berlin. Les souverainistes allemands, le réalisant, deviendraient des adeptes pragmatiques d’une UE devenue principalement germano-centrique. La France, elle, serait complètement marginalisée, sous la coupe de fous ou d’irresponsables, au gré de l’humeur de foules urbaines très bigarrées.

Je fais pleinement confiance à nos démagogues et à leur public crépu, ils vont paver la voie au Quatrième Reich.

Je souhaite voir ce scénario se matérialiser.

Par accélérationnisme d’une part. La faillite des programmes sociaux anéantirait l’écosystème de gauche et ravagerait les pompes aspirantes de l’immigration afro-maghrébine.

Pour voir la pathologie souverainiste être mise face elle-même d’autre part. Les Français doivent mesurer sur pièce les conséquences réelles de cette hallucination collective.

Enfin, ce serait le départ du premier grand clash racial d’Europe. Le reste du continent en retirerait de sérieuses leçons sur ce que peut advenir d’un État multiracial en cas de crise grave.

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